Et oui, comme vous l'aurez compris, nous sommes encore et toujours dans cette bonne vieille ville de Buenos Aires, d'où l'on ne veut pas nous laisser partir semble-t-il. Reprenons donc depuis le début, ou plutôt depuis ce qui devait être la fin. Après une journée de shopping acharné dans les rues de Buenos Aires jeudi dernier, nous passons notre dernière (pensons-nous) nuit à l'auberge de jeunesse et nous levons tôt pour préparer nos affaires. Ouf, tout loge ! Nous avons commandé un taxi pour 13h (notre vol est à 17h40) et nous profitons des 2h qui nous restent pour retourner faire un petit tour dans les rues avoisinantes. Notre taxi nous dépose à 13h30 à l'aéroport international Ezeiza. Une bonne surprise nous attend puisque le comptoir d'enregistrement de chez VARIG (la compagnie qui nous transporte) est déjà ouvert. Nous nous présentons donc pour enregistrer nos bagages et récupérer nos cartons d'embarquement. Tony présente son passeport et une copie de son titre de séjour en expliquant qu'il s'est fait voler l'original. Le jeune homme qui s'occupe de nous part avec les papiers de Tony pour vérifier le tout avec la police des frontières. Et là, c'est le drame. Il revient après 5 minutes pour nous dire qu'ils ne peuvent pas laisser partir Tony, tant que nous n'avons pas un document officiel français. "Mais on vient de te dire qu'on se l'est fait voler !" - "Je suis désolée, mais il faut voir avec l'ambassade de France". (Vous avez-vu "Le Terminal" ?)
Sur ces mots, nous reprenons nos bagages et c'est le branle-bas de combat pour contacter l'ambassade. Bien évidemment, c'est l'heure de déjeuner et personne ne répond. Je réussis finalement à joindre quelqu'un qui me dit que c'est le consulat qui s'occupe de ça et me donne un autre numéro ("mais là vous trouverez personne, c'est l'heure du déjeuner"). Nous attendons une demi-heure supplémentaire en courant partout dans l'aéroport pour essayer d'avoir des informations sur les autres vols disponibles. Je réussis finalement à contacter quelqu'un au consulat à qui j'explique la situation. Qu'est-ce qu'on peut faire ? - Il va vous falloir un visa. -Et ça peut se faire aujourd´hui ? Notre vol est dans 3 heures. - Totalement impossible. En plus c'est vendredi, il va falloir que vous attendiez lundi. - Ce qui veut dire qu'on ne peut pas partir avant mardi ??? Arrghhh !!!

C'est complètement dépitée que je raccroche pour annoncer la bonne nouvelle à Tony. Désormais, il faut trouver un autre vol pour nous ramener en France. Après avoir prévenu la famille que la petite réunion de dimanche devrait se faire sans nous, nous entamons les pourparlers au comptoir de vente de chez VARIG. Comme notre voyage se déroule sous le signe de la chance, nous apprenons avec joie que la compagnie ne dessert plus la France après le 31 août (nous sommes le 29) et qu'il va donc falloir combiner avec une autre compagnie, en l'occurence Air France. Notre interlocutrice fait plusieurs allers-retours dans les bureaux de VARIG et après une demi-heure, finit par nous dire qu'il faut que nous appelions le "call center" de VARIG qui lui seul sera en mesure de faire une nouvelle réservation. Nous voilà donc repartis pour téléphoner au fameux "call center", censé régler tout ça. "Ah mais Monsieur, vous avez des billets physiques et pas des billets électroniques, on ne peut rien faire ! Où êtes-vous monsieur ?" - "A l'aéroport" - "Ah, mais c'est parfait monsieur. Il vous suffit d'aller au comptoir des ventes VARIG à l'aéroport, ils vous changeront les billets !" - "Mais j'en viens"...
Nous retournons donc vers nos chères hôtesses VARIG pour une autre heure de négociations. Je commence sérieusement à m'énerver et me mets à faire des gestes de Kunf-Fu dans l'aéroport (comme si j'allais faire peur à quelqu'un...) : "J'en ai rien à faire, je ne sors pas d'ici sans billet pour rentrer chez moi !". Finalement, un autre monsieur de chez VARIG apparaît et nous explique la situation : les prochains vols non-complets pour Paris dans notre catégorie ne sont pas avant le 15 septembre (but I want to go home !). La seule solution pour rentrer plus tôt est de partir le 2 septembre avec VARIG jusqu'à Sao Paolo puis de prendre un vol Air France jusqu'à Paris... en Business Class. Mais VARIG n'ayant aucun contrôle sur la tarification d'Air France (la "Sky Team" a ses limites), Air France peut nous réclamer une pénalité pour le changement de classe, une fois à Sao Paolo. Bien que n'osant imaginer le prix d'un billet en Business sur Air France à si courte échéance, nous n'avons pas vraiment le choix et acceptons la proposition (ce post signe l'ouverture officielle de la Fondation "Sauvez l'amitié franco-péruvienne" auquel vous pouvez faire vos dons par chèque directement au 73 avenue de Grammont, 37000 Tours).
Après avoir réservé 4 nuits supplémentaires à l'auberge, nous repartons vers le centre de Buenos Aires, le moral dans les chaussettes. Bien que la ville soit très agréable, nous avions quand même très envie de rentrer (Tony est au bord des larmes quand il apprend que ma mère a préparé des joues de porc à la bière - "mais ça se congèle non ?" - et que ma soeur devait faire une paella - "mais elle avait déjà acheté les ingrédients ?"). Heureusement, la famille s'occupe de tout en France (récupérer les "preuves de vie en France" pour le consulat, annuler nos billets de train, appeler le boulot pour poser des jours de congés supplémentaires, contacter la préfecture pour refaire faire une carte de séjour, etc.).
Devant nous, se présentent 2 jours de week end que nous commençons par combler en retournant à la police pour faire faire une déclaration de vol (nous n'avions fait qu'une déclaration de perte à la police de Córdoba, et vu qu'on a du temps, autant faire les choses bien). Au bout de 2 heures dans les bureaux de la police, nous obtenons le certificat à présenter à l'assurance (bourré de fautes d'orthographe) et décidons d'aller au cinéma voir "Batman" (pas très couleur locale, mais après 2h avec la police, franchement, on s'en fout).
Nous passons notre dimanche en retournant dans le quartier de San Telmo où il y a un grand marché artisanal les dimanches ainsi que des démonstrations de tango gratuites. Si notre première fois à San Telmo s'était passé dans le calme, là c'est le déluge de touristes et on se croirait place du Tertre à Paris. L'ambiance est néanmoins très sympathique et il y a plein de groupes de jeunes musiciens excellents un peu partout.
Aujourd'hui lundi, nous avons rendez-vous au consulat pour obtenir un visa pour Tony. Nous récupérons les papiers nécessaires que nous avons précieusement gardé dans le coffre de notre chambre (une fois ça suffit) et prenons un taxi jusqu'au consulat. Tout se passe bien (ça nous arrive aussi parfois) et nous devrions avoir le visa ce soir.
Go down, Moses...
4 commentaires:
Alors là je dois dire que là vous m'épatez ! Inclure un tel sens de la dramaturgie et du rythme dans un voyage somme toute...en Argentine (qui je le rappelle est à peu près comme la France mais en Amérique du Sud, pas de violence, de guerre civile, de climat invivable, de faux policiers, non rien de plus calme) : et bien bravo !!! Je vous décerne la palme du scénario de vacances 2008 !
Haannnn!! La vache! J'ai trop honte de m'être poilée autant que ça en lisant vos dernières aventures! C'est vrai qu'après tout, vous n'étiez qu'à 11097 km de Paris... :-D
Bravo encore pour votre self-contrôle avec les personnes de l'aéroport!
J'ai trop envie de partir avec vous la prochaine fois, où que vous alliez! ;-)
xxxx
Virg
Arrrrrrrrrggggggggggggghhhhhhh mais qu'est-ce qu'on ne fait pas de nos jours pour ne pas retourner travailler....pffffffff...vous pouviez aussi vous cacher ici à Burdeos : je pouvais vous installer une tente quechua dans la cour et je n'aurais rien dit promis;-...
Trêve de plaisanterie: effectivement il n'y a pas plus rocambolesques que vos vacances et dire que je guettais la conclusion de vos vacances, je n'ai pas été déçue!
Bon, j'espère qu'à c'theure, vous êtes en France et que vous vous buvez un bon chinon ou autre susbtance fortement alcoolisée (oui, donc, sans doute pas un chinon).
Un enorme abrazo desde Burdeos,
Très très bon courage pour la rentrée et bienvenue en France (at least I hope),
Hasta muy pronto,
Adeline.
Du rire, des larmes, du suspense et cette pointe d'humour nonsense (propre aux relations avec la force publique).
Je vais soumettre le scénar' à mon pote Jerry Bruckheimer et suis sûr qu'on va faire un carton.
"Alors tu vois coco... c'est un remake de Terminal assaisonné de Midnight Express avec des gags signés Mr Bean"
J'ai eu Keanu Reaves (bon il parle pas aussi bien espagnol que Tony, mais il est pas cher...) et Kirsten Dunst (ok, elle parle pas aussi bien anglais que Véro, mais elle est libre).
J'ai promis de trouver un job à Régis Laspalles... de ce que j'ai lu, on va pas avoir de difficultés à le caser !(MAis là, c'est vous qui voyez...)
Courage et à très vite
Oliv
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