Argentina 2008 : En la ciudad de la furia

Après un retour au source pour Tony au Pérou l'année dernière, c'est en Argentine que nous partons cette année pour 4 semaines, à la découverte du nord du pays (avec la ferme intention de battre notre record du nombre de barbecues au mois).

Pour voir notre périple sur Google Maps / Voir quelques photos...

En español (approximadamente, traducido por Google...)

dimanche 31 août 2008

Let my people go

Devant les demandes incessantes de nos lecteurs pour plus d'action et d'aventure, nous ne pouvions décemment pas rester sans rien faire. Nous avons donc décidé, d'un commun accord avec Tony, de rajouter quelques péripéties à notre voyage.
Et oui, comme vous l'aurez compris, nous sommes encore et toujours dans cette bonne vieille ville de Buenos Aires, d'où l'on ne veut pas nous laisser partir semble-t-il. Reprenons donc depuis le début, ou plutôt depuis ce qui devait être la fin. Après une journée de shopping acharné dans les rues de Buenos Aires jeudi dernier, nous passons notre dernière (pensons-nous) nuit à l'auberge de jeunesse et nous levons tôt pour préparer nos affaires. Ouf, tout loge ! Nous avons commandé un taxi pour 13h (notre vol est à 17h40) et nous profitons des 2h qui nous restent pour retourner faire un petit tour dans les rues avoisinantes. Notre taxi nous dépose à 13h30 à l'aéroport international Ezeiza. Une bonne surprise nous attend puisque le comptoir d'enregistrement de chez VARIG (la compagnie qui nous transporte) est déjà ouvert. Nous nous présentons donc pour enregistrer nos bagages et récupérer nos cartons d'embarquement. Tony présente son passeport et une copie de son titre de séjour en expliquant qu'il s'est fait voler l'original. Le jeune homme qui s'occupe de nous part avec les papiers de Tony pour vérifier le tout avec la police des frontières. Et là, c'est le drame. Il revient après 5 minutes pour nous dire qu'ils ne peuvent pas laisser partir Tony, tant que nous n'avons pas un document officiel français. "Mais on vient de te dire qu'on se l'est fait voler !" - "Je suis désolée, mais il faut voir avec l'ambassade de France". (Vous avez-vu "Le Terminal" ?)
Sur ces mots, nous reprenons nos bagages et c'est le branle-bas de combat pour contacter l'ambassade. Bien évidemment, c'est l'heure de déjeuner et personne ne répond. Je réussis finalement à joindre quelqu'un qui me dit que c'est le consulat qui s'occupe de ça et me donne un autre numéro ("mais là vous trouverez personne, c'est l'heure du déjeuner"). Nous attendons une demi-heure supplémentaire en courant partout dans l'aéroport pour essayer d'avoir des informations sur les autres vols disponibles. Je réussis finalement à contacter quelqu'un au consulat à qui j'explique la situation. Qu'est-ce qu'on peut faire ? - Il va vous falloir un visa. -Et ça peut se faire aujourd´hui ? Notre vol est dans 3 heures. - Totalement impossible. En plus c'est vendredi, il va falloir que vous attendiez lundi. - Ce qui veut dire qu'on ne peut pas partir avant mardi ??? Arrghhh !!!
All Directions
C'est complètement dépitée que je raccroche pour annoncer la bonne nouvelle à Tony. Désormais, il faut trouver un autre vol pour nous ramener en France. Après avoir prévenu la famille que la petite réunion de dimanche devrait se faire sans nous, nous entamons les pourparlers au comptoir de vente de chez VARIG. Comme notre voyage se déroule sous le signe de la chance, nous apprenons avec joie que la compagnie ne dessert plus la France après le 31 août (nous sommes le 29) et qu'il va donc falloir combiner avec une autre compagnie, en l'occurence Air France. Notre interlocutrice fait plusieurs allers-retours dans les bureaux de VARIG et après une demi-heure, finit par nous dire qu'il faut que nous appelions le "call center" de VARIG qui lui seul sera en mesure de faire une nouvelle réservation. Nous voilà donc repartis pour téléphoner au fameux "call center", censé régler tout ça. "Ah mais Monsieur, vous avez des billets physiques et pas des billets électroniques, on ne peut rien faire ! Où êtes-vous monsieur ?" - "A l'aéroport" - "Ah, mais c'est parfait monsieur. Il vous suffit d'aller au comptoir des ventes VARIG à l'aéroport, ils vous changeront les billets !" - "Mais j'en viens"...
Nous retournons donc vers nos chères hôtesses VARIG pour une autre heure de négociations. Je commence sérieusement à m'énerver et me mets à faire des gestes de Kunf-Fu dans l'aéroport (comme si j'allais faire peur à quelqu'un...) : "J'en ai rien à faire, je ne sors pas d'ici sans billet pour rentrer chez moi !". Finalement, un autre monsieur de chez VARIG apparaît et nous explique la situation : les prochains vols non-complets pour Paris dans notre catégorie ne sont pas avant le 15 septembre (but I want to go home !). La seule solution pour rentrer plus tôt est de partir le 2 septembre avec VARIG jusqu'à Sao Paolo puis de prendre un vol Air France jusqu'à Paris... en Business Class. Mais VARIG n'ayant aucun contrôle sur la tarification d'Air France (la "Sky Team" a ses limites), Air France peut nous réclamer une pénalité pour le changement de classe, une fois à Sao Paolo. Bien que n'osant imaginer le prix d'un billet en Business sur Air France à si courte échéance, nous n'avons pas vraiment le choix et acceptons la proposition (ce post signe l'ouverture officielle de la Fondation "Sauvez l'amitié franco-péruvienne" auquel vous pouvez faire vos dons par chèque directement au 73 avenue de Grammont, 37000 Tours).
Après avoir réservé 4 nuits supplémentaires à l'auberge, nous repartons vers le centre de Buenos Aires, le moral dans les chaussettes. Bien que la ville soit très agréable, nous avions quand même très envie de rentrer (Tony est au bord des larmes quand il apprend que ma mère a préparé des joues de porc à la bière - "mais ça se congèle non ?" - et que ma soeur devait faire une paella - "mais elle avait déjà acheté les ingrédients ?"). Heureusement, la famille s'occupe de tout en France (récupérer les "preuves de vie en France" pour le consulat, annuler nos billets de train, appeler le boulot pour poser des jours de congés supplémentaires, contacter la préfecture pour refaire faire une carte de séjour, etc.).
Devant nous, se présentent 2 jours de week end que nous commençons par combler en retournant à la police pour faire faire une déclaration de vol (nous n'avions fait qu'une déclaration de perte à la police de Córdoba, et vu qu'on a du temps, autant faire les choses bien). Au bout de 2 heures dans les bureaux de la police, nous obtenons le certificat à présenter à l'assurance (bourré de fautes d'orthographe) et décidons d'aller au cinéma voir "Batman" (pas très couleur locale, mais après 2h avec la police, franchement, on s'en fout).
Nous passons notre dimanche en retournant dans le quartier de San Telmo où il y a un grand marché artisanal les dimanches ainsi que des démonstrations de tango gratuites. Si notre première fois à San Telmo s'était passé dans le calme, là c'est le déluge de touristes et on se croirait place du Tertre à Paris. L'ambiance est néanmoins très sympathique et il y a plein de groupes de jeunes musiciens excellents un peu partout.
Aujourd'hui lundi, nous avons rendez-vous au consulat pour obtenir un visa pour Tony. Nous récupérons les papiers nécessaires que nous avons précieusement gardé dans le coffre de notre chambre (une fois ça suffit) et prenons un taxi jusqu'au consulat. Tout se passe bien (ça nous arrive aussi parfois) et nous devrions avoir le visa ce soir.
Go down, Moses...

vendredi 29 août 2008

Dernier tango à Buenos Aires

Et oui, ça y est, nous sommes de retour sur Buenos Aires pour le grand départ, qui aura lieu demain (vendredi). Notre voyage se sera terminé par 5 jours de "vraies vacances" (les permières de notre séjour en fait) à Córdoba, où nous aurons eu l'occasion de tester le mode de vie argentin dans tout ce qu'il a de plus agréable.
Après une nuit parfaite à San Marcos Sierras, nous commençons notre dimanche par une grasse matinée bien méritée, avant d'entamer les préparatifs qui nous conduirons à l'élément probablement le plus incontournable de la culture argentine (après le maté disons) : l'asado. Bien plus qu'un simple barbecue, l'asado est un concept. D'abord, l'asado est quelque chose qui se partage (nous sommes 7, un bon chiffre). Ensuite, il exige une certaine quantité de nourriture (compter 1 kilo de viande par personne - os inclus) et de boisson (du vin rouge bien entendu). Enfin, l'asado est convivial : tout le monde participe à sa préparation (par exemple en allant chercher du bois pour le feu). Nous commençons donc par chercher le lieu idéal pour nous installer. C'est facile, il y a des "asadors" en béton partout dans la nature (équivalent du barbecue chez nous). Pour aujourd'hui, ce sera au bord du Rio Quilpo qui coule non loin de San Marcos. Le paysage est exceptionnel et me rappelle un peu le Nord du Cameroun (avis aux connaisseurs) à ceci près que les hippoppotames sont remplacés par des vaches. Le ramassage du bois prend un peu de temps et oblige Martin et Karina à retourner sur nos pas pour en faire une provision conséquente (il y a quand même 7 kilos de viande à cuire). Occasion pour Tony et moi d'avancer un peu dans la rivière pour tester la température. Le clown que je suis ne peux bien évidemment pas d'empêcher de se faire remarquer en glissant (très élégamment je précise) sur une pierre pour finir complètement trempée dans l'eau glacée (rebonjour angine). Après un "oh merde" très calme, Tony vient à mon secours en me prêtant sa polaire et j'improvise une jupe avec mon écharpe (chère soeur, qui eût pensé qu'un jour cette belle écharpe de pachmina rouge se tranforme en jupe ?).
Une fois ces quelques émotions passées, les choses sérieuses se précisent et Martin, en parfait maître de cérémonie, commence à mettre la viande à cuire.
Martin and the asado
Là, c'est l'orgie : côtelettes, saucisses et boudins de toute sorte sont présentés sur la table et nous ne savons plus où donner de la tête. Tout est délicieux et le cadre ne fait qu'accroître notre plaisir. Nous finirons la journée entre discussions sur les coutumes culinaires de nos différents pays et un petit récital de Martin à la guitare.
Eating Asado
Nous profitons aussi de la soirée pour regarder le "ciel à l'envers" de l'hémisphère sud (Tony et moi sommes désormais des experts de la Croix du Sud).
Le lendemain, nous retournons un peu en aval du Rio Quilpo, et finissons les restes de l'asado (même froid, c'est trop bon) et revenons vers le village dans la soirée pour visiter une petite fabrique artisanale d'huile d'olive (l'Argentine en est aussi grand producteur - merci du tuyau Aurélie :-)). Nous quittons avec regret ce fantastique petit coin de nature pour retourner vers la très grande Córdoba.
Notre mardi sera consacré à une petite visite du centre ville, qui compte, du fait de l'implantation jésuite, des bâtiments anciens magnifiques. Mais c'est surtout la soirée que nous attendons avec impatience, puisque Karina et Martin ont préparé une petite fête où sont invités les membres du groupe "So What", l'un des derniers projets musicaux de Martin (des reprises jazz de différents thèmes de films très connus). Nous avons donc droit à un petit concert privé entre piano, basse, saxo, batterie et voix, l'occasion pour le groupe de répéter en prévision de la présentation de l'album devant le public cordobeñe au mois de septembre. Génial !!! La soirée se poursuit jusque tard dans la nuit (même si Tony et moi lâchons prise vers les 3h du matin).
Notre dernier jour à Córdoba se passe dans le calme, nous faisons un petit tour dans les montagnes avoisinantes avant de prendre le bus qui nous ramène sur Buenos Aires pour une dernière journée en Argentine.

Ceci sera donc notre avant-dernier post - il faudra bien que nous fassions une petite conclusion quand même - mais le dernier "à distance". Merci beaucoup à tous de nouveau pour vos commentaires qui nous auront fait extrêmement plaisir et à très bientôt pour des discussions plus traditionnelles !

samedi 23 août 2008

Córdoba y un robo

Comme prévu, nous passons notre jeudi avec les cousins de Tony, qui nous avaient proposé de nous emmener aux alentours de Mendoza. Toute la famille vient donc nous récupérer en fin de matinée à notre auberge et nous voilà partis pour l'excursion la plus longue de notre séjour (vie ?). Si le mari de la cousine de Tony est plein de bonne volonté, sa notion des attractions touristiques diffère sensiblement de la notre. Nous entamons en effet un tour digne d'une agence de voyage de l'ex-union soviétique : installations énergétiques de la province (hydroélectricité, gazoducs, récupération des déchets), centres commerciaux, voies routières et chemin de fer, tout cela n'aura désormais plus aucun secret pour nous. Il faudra que nous attendions la nuit tombante pour nous diriger vers les Andes et rouler jusqu'à Potrerillos où le paysage est d'autant plus magnifique que nous bénéficions de commentaires éclairés sur la fameuse digue et la production d'électricité. Nous réussissons par ailleurs l'exploit de passer plus d'une heure et demie à Lujan de Cuyo (haut lieu de la viticulture régionale) sans visiter une seule bodega. Notre déjeuner restera aussi dans les mémoires comme l'un des plus pantagruéliques de notre séjour : 4 kilos de boeuf (nous sommes 4) nous attendent sur la table. C'est délicieux, nous ne pouvons bien évidemment pas tout finir, mais la cousine de Tony nous donne un petit tupperware d'un kilo pour que nous puissions nous préparer des sandwichs le lendemain matin. Ils finissent de nous achever avec un dernier arrêt à 11h du soir pour manger une glace...
Pour notre dernière journée à Mendoza, nous nous donnons pour mission de faire une dégustation de vin dans le centre ville (puisque nous ne pouvons pas aller dans une bodega sans véhicule). La mission sera finalement plus difficile qu'il n'y paraît et nous manquons cruellement de chance (attendez, ce n'est que le début...). Tous les endroits conseillés par notre guide sont soit en réfection, soit fermés. Nous finissons par trouver un restaurant qui vend aussi des bouteilles et qui accepte de nous servir une coupe de Malbec pour tester. Satisfaits du test (et sans beaucoup d'autre choix), nous finissons par acheter 2 bouteilles. Nous nous dépêchons ensuite pour prendre notre bus en direction de Cordoba où nous attendent Martin et Karina.
Notre bus roulant de nuit, nous arrivons assez tôt le matin Calle Esperanza, où habitent Karina et Martin. Tout à la joie des retrouvailles, nous laissons sans surveillance l'un de nos petits sacs à dos, laps de temps largement suffisant pour que celui-ci disparaisse avec : nos bouteilles de vin, la clé USB où nous stockons toutes nos photos, la carte de séjour de Tony, le téléobjectif de papa... Malheureusement, nos amis habitant un rez-de-chaussée, je ne peux pas me jeter par la fenêtre. Nous avons terriblement envie d'un cocktail vodka-whisky-pìsco, dont nous ne disposons là encore pas. Je me contenterai d'un Lexomil pour me calmer (un peu). Difficile dans ces circonstances de se concentrer sur quoi que ce soit d'autre. Martin nous emmène faire un tour des rues avoisinantes au cas où les voleurs auraient laissé les papiers de Tony (l'espoir fait vivre), mais sans succès. Nous aurons donc l'occasion de faire connaissance avec la police locale mardi prochain pour faire une déclaration de perte.
En attendant, nous nous préparons à partir pour les montagnes de Córdoba où nous allons passer 2 jours avec des amis de Karina et Martin. Le chemin jusqu'au petit village de San Marcos est splendide et réussirait presque à nous faire oublier "l'évènement" du matin (un coup de fil à papa-maman me soulagera assez efficacement néanmoins). Le petit hôtel où nous restons est magnifique et le propriétaire, ancien journaliste (trône d'ailleurs dans la salle à manger une photo de lui-même en compagnie de Fidel Castro), anime une émission de radio tous les dimanches à 11h. Nous visitons donc le studio d'enregistrement, une véritable caverne d'ali baba pour les fous de disques que nous sommes. Le personnage est particulièrement savoureux, sorte d'Ignacio Ramonet argentin (en beaucoup plus drôle pour le coup). Nous resterons à San Marcos jusqu'au lundi soir, avant de revenir sur Córdoba.

PS : Pour des raisons que vous comprendrez aisément, nous ne posterons pas de photos aujourd'hui, en partie en mémoire de toutes celles que nous avons perdues aujourd'hui (et aussi parce qu'il n'y a pas de prise USB sur l'ordinateur que nous utilisons).

mardi 19 août 2008

La Zona

Il semblerait que finalement j'ai bien choisi mon moment pour tomber malade ainsi que la ville où nous reposer. San Miguel de Tucuman, la plus importante ville du nord du pays, n'est pas ce qu'on pourrait appeler un centre touristique majeur en Argentine. Du coup, nous n'avons aucun scrupule à passer notre 18 août (jour férié, anniversaire de la mort de San Martin - José, pas Saint Martin de Tours) entre la chambre d'hôtel et les cafés avoisinants afin de rattraper notre retard en matière de jeux olympiques. Nous en profitons pour nous initier aux subtilités du hockey sur gazon féminin (est-ce que vous connaissez un autre pays d'Amérique du Sud où le hockey sur gazon est un sport national ? CQFD) et du beach volley (par l'intermédiaire d'une chaîne brésilienne). En revanche, impossible d'avoir quelque information que ce soit sur les résultats de nos compatriotes ou sur n'importe quel autre pays autre que l'Argentine d'ailleurs. Les Chinois et les Américains se seraient-ils retirés de la compétition ? Nous nous refusons à le croire et nous disons qu'il faudra que nous allions vérifier tout ça sur internet dès que le pays se sera remis à fonctionner (c'est-à-dire dès le lendemain de la fête nationale). En attendant, nous vibrons avec nos nouveaux voisins pour la demi-finale de foot contre le Brésil. Bizarrement, il n'y aura pas de grands mouvements de joie dans les rues après la large victoire de l'Argentine. Peut-être pour la finale ?
Nous consacrons (quand même) notre deuxième jour à Tucuman à une petite visite de la ville, qui revit après ce jour férié. Comme dans toutes les villes que nous avons visitées jusqu'à présent, il y a beaucoup de monde dans les rues, ce qui est vraiment très plaisant. La place centrale (Plaza Independencia, très belle, regroupant l'ensemble des bâtiments historiques de la ville) grouille d'écoliers et d'écolières, dont la longueur des uniformes (à mi-cuisses pour les jupes les plus longues) ne cessent de nous étonner.
Tucuman
Le soir, c'est le grand départ vers la porte du sud, Mendoza, et notre dernière ligne droite en Argentine. Nous nous coulons avec bonheur dans le siège de notre bus-cama vers les 8h du soir pour nous réveiller 15h plus tard sous l'indefectible soleil de Mendoza. Notre premier tour en taxi dans les rues de la ville nous indique que nous sommes de retour dans le corridor ultra-urbanisé de l'Argentine. Après une petite pause douche à l'hôtel, nous attendons le mari de la cousine de Tony qui doit venir nous chercher pour que nous mangions ensemble ce midi. Dans la voiture nous attend leur petite fille, Sofia, qui dort comme un loir (et qui est trop mimi !).
Sofía and Véro
Nous partons ensuite vers le sud ouest pour un quartier très éloigné du centre où Wilson et Noelia (les cousins) construisent (eux-mêmes) leur maison. Pour la première fois de notre vie, nous passons devant plusieurs quartiers résidentiels bouclés, avec barbelés au-dessus des murs (de la honte) et service de sécurité à l'entrée. Wilson nous précise qu'il y a école, centre commercial, cinéma à l'intérieur. Exactement comme dans "La Zona" de Rodrigo Pla (à voir absolument si vous avez l'occasion). Nous sommes sidérés.
Material Girl
Nous arrivons ensuite chez Noelia et Wilson qui nous accueillent très bien (comme savent le faire les péruviens) et passons une partie de l'après-midi avec Noélia (son mari, qui a deux boulots, a dû repartir à 14h30 pour ne rentrer qu'à 23h...). Il a même échangé son jour de congé hebdomadaire avec un collègue pour pouvoir nous emmener dans la montagne demain (l'Aconcagua se trouve dans la province de Mendoza, mais je crois qu'on se contentera de le regarder de loin). Nous sommes tout gênés des frais que nous leur causons, mais comme on ne refera pas les péruviens, nous acceptons avec plaisir et attendons avec impatience notre petite excursion !
Nous sommes de retour à Mendoza vers 18h30 et entamons notre découverte de la ville à la nuit tombante. C'est très beau, très aéré avec des tas de places et plein de jolies vinothèques qui ne semblent attendre que nous...

PS : Encore merci pour tous les commentaires, ça nous fait toujours autant plaisir ! Et mille mercis à papa et maman pour les news sur les JO :-)

lundi 18 août 2008

Valles Calchaquies ou le tour du monde en un jour

[Afin d'expliquer le retard dans la rédaction de ce message, nous commencerons celui-ci par un petit point santé. En effet, dans le cadre de notre tour du monde des services médicaux, il était de notre devoir de traiter de la situation en Argentine. Un gros rhume ne nous ouvrant pas les portes des docteurs, j'ai choisi de me sacrifier et d'y ajouter une angine (rouge, c'est plus joli). J'ai donc eu le plaisir de faire connaissance avec un charmant "medico" argentin à Cafayate, qui a établi le même diagnostic que moi. La bonne nouvelle, c'est que l'angine étant virale, il n'y a rien à faire qu'à se reposer et attendre. Je passerai donc les 4 prochains jours comme les 3 derniers : avec la tête, le nez et la gorge comme une coucourge. Moins rigolo, nous avons décidé aussi de ralentir un peu le rythme dans les jours qui viennent (pour que je ne finisse pas le voyage à genou) et n'irons donc pas au Parc National Ischigualasto (GROS SOUPIR - si Tony ne demande pas le divorce après ça !).]

Notre première (et dernière) soirée à Tilcara se passe comme prévu dans la peña de notre nouveau meilleur ami, Miguel Llave. Nous nous attablons donc et attendons le début du concert. Miguel se charge de la première partie, et quand nous le voyons arriver avec des tas de flûtes de Pan de différentes tailles, nous craignons un peu un remake des 100 plus grands tubes des années 80 à l'ocarina. Heureusement pour nous, dès qu'il commence à jouer, c'est plutôt Miles Davis qu'André Rieu... Sa virtuosité est incroyable et nous sommes scotchés par la qualité de la prestation. Pour la deuxième partie du concert, c'est un trio de Santiago del Estero qui rentre en scène (un violon /chant, une quena et une guitare) pour jouer des rythmes du Nord de l'Argentine (notamment zamba et chacarera). C'est formidable et nous passons une excellente soirée.
Concert in Tilcara
La matinée et l'après-midi du lendemain seront consacrées aux visites du Pucara de la ville (forteresse), qui après avoir été découvert, a fait l'objet d'une reconstruction dans les années 50, et ensuite du musée archéologique de la ville, qui présente une collection d'objets précolombiens (dont la plupart du Pérou !). Nous reprenons le bus vers Salta en début de soirée (avec comme accompagnement vidéo un feuilleton télévisé sud-coréen doublé en espagnol... GENIAL ! - pour une fois que je comprends tout).

Pour les deux jours suivants, nous avons loué une voiture et partons à la découverte de las Valles Calchaquies, situées entre Salta et Cafayate. Cette balade de 2 jours restera sans aucun doute comme l'un des plus beaux moments de notre voyage. Notre première étape sera Cachi, à environ 150 km de Salta. Si les 50 premiers km se passent sans encombres sur une route à peu près goudronnée, le reste du chemin s'annonce plus compliqué, puisque nous serpentons sur une petite "route" de montagne en gravier et nous commençons à craindre pour la petite Volkswagen rouge de l'agence (bien que la personne nous l'ayant loué nous ait assuré qu'il n'y aurait aucun problème). Les montagnes qui nous entourent passent du rouge désertique au vert pyrénéen. C'est absolument splendide.
Valles Calchaquies
Nous passons ensuite à travers le parc national de los Cardones, qui nous rappelleraient presque les steppes de Mongolie (en plus sec et avec des cactus).
Après 4h de route, nous arrivons enfin à Cachi où nous nous arrêtons pour déjeuner. Nous ne traînons pas trop parce qu'il nous reste encore 160km jusqu'à Cafayate, notre base pour la nuit. Nous reprenons donc la "route" ou plutôt le chemin qu'est la Route Nationale 40. Dès les premiers kilomètres, c'est l'Afrique qui me revient en mémoire : le sentier caillouteux, les petites maisons en pisé (complètement isolées ou bien carrément abandonnées), la roche... Nous avançons préniblement à 30/40 km/h tellement la route est mauvaise. La dernière partie du voyage, la Quebrada de las Flechas, finit de nous achever (métaphoriquement parlant). Nous sommes entourés de rochers immenses, blancs et beiges, aux formes improbables, un peu style Grand Canyon (ou du moins comme nous l'imaginons). Heureusement, nous arrivons là-bas sous le soleil couchant. La nuit tombera vite ensuite, mais la fin du chemin se fait sur une vraie route. Nous sommes accueillis à Cafayate par la Señora Mirta au "Portal de las Viñas", qui s'inquiétait de ne pas nous voir arriver. Après nous avoir béni tous les deux, elle appelle de suite un médecin pour moi (incroyable) qui arrive dans le 1/4h qui suit, une caisse à outil dans la main droite (??). Nous passons le reste de la soirée au chaud dans la chambre en préparant notre journée du lendemain.
Nous sommes en plein dans la route des vins et il est bien sûr inconcevable que l'on ne visite pas au moins une bodega. Nous allons chez Nanni, une bodega qui nous a été conseillée par notre collègue à Tilcara. Après une petite visite de la fabrique (il s'agit de vin bio pour le coup), nous avons droit à une dégustation (comme en France quoi). La spécificité de las Valles Calchaquiès est de produire, en plus des cépages traditionnels, du vin blanc, à partir d'un cépage appelé Torrontes. Si ce dernier nous plaît bien, les vins rouges sont vraiment très particuliers. Nous verrons bien lorsque nous serons à Mendoza si leur vin rouge est différent. La visite terminée, nous suivons les conseils de notre guide et repartons pendant quelques kilomètres vers Salta, en prenant la route nationale 68, pour passer à travers la Quebrada de las Conchas. Là encore, c'est un nouveau paysage qui s'offre à nous (mais comment font-ils ???).
Valles Calchaquies - Quebrada de las Conchas
Nous faisons demi-tour au bout d'une heure pour reprendre le chemin du sud vers Tafi del Valle où nous dormons ce soir, avant de partir très tôt demain matin pour Tucuman où nous devons rendre la voiture.

vendredi 15 août 2008

Rouge, jaune, vert, blanc

C'est hier que nous avons véritablement commencé notre découverte des Andes argentines. Le van de l'agence de voyage avec laquelle nous avons réservé un tour passe nous prendre à l´hôtel à 7h30. Les voyages organisés ne sont pas forcément notre tasse de thé, mais sans voiture, les visites sont quasiment impossibles. Nous avons néanmoins de la chance avec le petit groupe avec lequel nous voyageons (essentiellement des jeunes, étudiants pour la plupart, venant des 4 coins du monde) et c'est toujours agréable d'avoir un guide en pied pour nous avoir des explications supplémentaires. Nous commençons notre petit périple en prenant la route nationale 40qui serpente dans la Quebrada (gorge) del Toro en suivant le parcours du "train dans les nuages", l'un des 3 plus hauts trains du monde, qui relit Salta au Chili.
Tren a las nubes
C'est un ouvrage d'ingénierie extraordinaire que nous pouvons admirer finalement beaucoup mieux depuis la route où nous sommes que si nous étions montés dans le train. Les paysages autour de nous sont splendides. La roche mélange les rouge, vert, jaune, ocre, marron.
Quebrada del Toro
Des paysages de la Quebrada, nous passons ensuite à la pré-puna. La montagne devient plus monochrome et se remplit de cactus (cardones). Nous nous arrêtons sur le chemin à Santa Rosa de Tastil pour visiter des ruines pré-incas. Il s'agit d'une des forteresses qui étaient légions à l'époque pré-colombienne, même si seulement trois peuvent être visitées dans le Nord de l'Argentine. Après être monté jusqu'à plus de 4000 mètres, nous redescendons pour entrer dans la puna et rejoindre la petite ville perdue de San Antonio de los Cobres. Les paysages sont similaires à ceux de l'Altiplano au Pérou /Bolivie : une étendue plate couverte de rocs et de petits buissons, jusqu'à ce qu'elle rencontre la montagne. C'est après que nous devons atteindre le point culminant de notre journée, Salinas Grandes. Il s'agit d'immenses salines (210km carré) au milieu des montagnes. Nous les repérons de loin, mais faisons tout un tour pour finalement nous retrouver dessus. Il y fait un vent à décorner les boeufs et leur blancheur sous le soleil est éclatante. Cela me rappelle les déserts de sel du Sud de la Tunisie, mais en bien plus étendu.
Véro at Salinas Grandes
Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons au petit village de Pumamarca, aux portes de la Quebrada de Humahuaca (et oui, y a des gorges partout ici), dans laquelle nous retournerons le lendemain pour une visite plus approfondie. C'est minuscule, mais mignon tout plein. Nous profitons du retour sur Salta pour piquer un petit somme (malgré les difficultés éprouvées par nos compagnes d'un jour espagnoles pour contrôler le volume de leur voix).

Aujourd'hui, nous devons prendre un bus qui nous conduira au petit village de Tilcara, en plein milieu de la Quebrada de Humahuaca. C'est aussi aujourd'hui que je décide de tomber malade avec un gros gros rhume qui affaiblit considérablement mes facultés intellectuelles (déjà pas au top en ce moment). Résultat, nous nous levons à 6h pour prendre le bus de 7h55 qui en fait partait à 7h... Nous attendons donc 3h pour prendre le suivant. Cette fois-ci, c'est la compagnie "Balut" qui nous transporte, ce qui sera l'occasion d'un fou rire inextinguible pour Tony et moi. Nous sommes en effet accueillis par une délicate odeur de pied pourri assez surprenante. Les appareils assurant la clim' ne sont qu'une série de fils entremêlés que seul Mac Gyver devrait pouvoir faire fonctionner. Nous serons enfin accompagnés pendant tout le chemin par un bruit persistant de ballon ou de matelas pneumatique en train de se dégonfler (s'agirait-il des lits de la partie bus-couchette au rez-de-chaussée ?). La distance jusqu'à Tilcara de Salta n'est pas très grande (entre 150 et 200 km), mais le caractère reculé du village, la configuration topographique et l'état des routes font que nous mettons près de 4h pour y arriver. Si le début du parcours est un peu monotone, dès que nous arrivons dans la Quebrada, les paysages deviennent magnifiques, avec des formes et des couleurs suprenantes. La petite auberge où nous logeons est formidable, ce qui est une agréable surprise. Comme je ne suis pas au top de ma forme, nous ne faisons pas grand chose l'après-midi et en profitons pour prendre un déjeuner prolongé. Deuxième bonne surprise, nous faisons ami-ami avec le propriétaire qui est argentin mais vit à Paris depuis 25 ans, où il est musicien de jazz (on en profite pour lui parler de Martín et Tony lui laisse ses coordonnées pour un potentiel site) ! Nous y retournerons donc ce soir pour assister à un petit concert.

PS : Merci beaucoup à tous pour les commentaires (que cela concerne les voitures, l'histoire sud-américaine ou encore nos plantes !!!) et grosses bises à tous !

dimanche 10 août 2008

La ruée vers l'ouest

Pour notre dernier jour à Puerto Iguazu (dimanche), nous prenons notre temps, les activités à disposition dans le coin - une fois le parc national visité - n'étant pas, il faut le reconnaître, pléthore. Nous décidons de faire la visite de Guira Oga ("la maison des oiseaux" en Guarani), un centre de réhabilitation pour les animaux de la forêt blessés ou détenus illégalement par des particuliers (essentiellement des oiseaux). Nous suivons notre guide Karina avec laquelle nous parcourons le centre et qui nous explique l'histoire de chacun des animaux et le travail effectué par les salariés pour les soigner puis les remettre dans la nature. La majorité d'entre eux ont été victimes du trafic d'animaux sauvages (certains toucans présents dans le centre ont été récupérés dans un avion à destination de Moscou). C'est évidemment très triste mais le travail réalisé est remarquable.
Guira Oga
De retour dans le centre ville, nous déjeunons pour la 3ème fois en 2 jours d'un hamburger. Il faut dire que pour le moment, nous n'avons pas encore eu d'illuminations avec la cuisine argentine. Les "parillas" (grill) de Buenos Aires étant un peu trop chères et celles de Puerto Iguazu pas très attirantes, nous n'avons pas encore dégusté de steak digne de ce nom. Mais nous comptons bien nous rattraper sur le reste du chemin !
Notre bus pour Salta, dans le nord-ouest argentin, doit partir à 21h. Nous passons donc récupérer nos affaires à l'hôtel et en profitons pour dire au revoir au propriétaire, à peu près aussi aimable qu'une porte de prison. Le trajet jusqu'à Salta dure quasiment 28h (non non, ce n'est pas une blague) et malheureusement, faute de place, nous n'avons pas pu avoir de billets dans la catégorie "grand luxe" et nous retrouvons donc en semi-couchette. Si la nuit se passe bien, la journée est plus difficile à encaisser. Pendant quasiment 8h, nous nous retrouvons en pleine pampa (c'est le cas de le dire), sur une route d'une rectictude à vous donner la nausée. Le paysage est d'une monotonie implacable : aucune habitation, aucun relief, aucune culture de quoi que ce soit. C'est seulement lorsque nous atteignons la Province de Tucumán ("el jardin de la republica" pouvons nous lire sur les panneaux) que l'on commence à voir des champs cultivés et des maisons. C'est aussi pour nous l'occasion de confirmer une impression : les Argentins ADORENT leur voiture. Sur le bord de la route sur environ 1km, et alors que l'air est vicié de poussière, tout le monde est en train de nettoyer sa voiture au tuyau d'arrosage. D'une manière générale, quel que soit l'état des villes ou villages que nous traversons, les voitures semblent toutes rutilantes.
Nous arrivons enfin à Salta vers 00:30 et prenons un taxi vers l'hôtel. Nous ne découvrons donc vraiment la ville que ce matin. Première constatation, nous sommes plus proches de Lima que de Buenos Aires : l'architecture, les magasins, les gens, tout nous rappelle le Pérou (en particulier Trujillo pour les quelques exemples d'architecture coloniale). La ville n'est pas d'un attrait incroyable au premier abord, elle est plutôt sale et les quelques rues à visiter sont toutes situées dans un périmètre restreint autour de la Plaza 9 de Julio (ça me fait penser qu'il faut absolument que je regarde ce qui s'est passé le 9 juillet parce qu'il y en a partout).
Salta youth
Ceci étant, c'est très animé, il y a plein de jolies boutiques et quand même quelques beaux bâtiments à voir. Et surtout, nous prenons notre premier repas dans une parilla (il ne fallait vraiment pas désespérer) ! Là, c'est la révélation : le serveur place un plateau avec des braises à côté de notre table et nous amène une pile de côtelettes, saucisses, foie, steack, poulet, j'en passe et des meilleures. C'est absolument délicieux et Tony, ne voulant pas risquer de perdre sa réputation, met un point d'honneur à tout finir.
Il y a aussi à Salta deux super musées que nous faisons dans l'après-midi : un petit musée d'art contemporain qui expose des artistes salteniens et argentins et qui nous plaît beaucoup et le "museo de arqueologia de alta montaña". Ce dernier s'appuit les découvertes faites en haut du volcan Llullaillaco (6700 mètres d'altitude quand même): 3 enfants incas momifiés avec une centaine d'objets les accompagnant. Le musée présente une partie des artefacts découverts ainsi que la momie d'une des petites filles. Le musée est bien fait, un peu sur le modèle du Museo de los Santuarios Andinos à Arequipa où était présenté la momie Juanita. Il a aussi le mérite de nous rappeler que l'empire Inca ne s'arrêtait pas aux frontières du Pérou actuel...
Après la partie culturelle, nous décidons de nous faire une petite frayeur en prenant le téléphérique qui monte au Cerro San Bernardo pour avoir un point de vue sur toute la ville. Les amoureux des hauteurs que nous sommes tremblont comme des feuilles dans la petite cabine qui nous emmènent là haut sur la montagne,pendant qu'une voix douce tente de nous rassurer en espagnol sur le caractère très sûr de toute l'affaire. Personnellement, je ne retrouve mon calme que quand je me rends compte que le matériel est en réalité suisse.
Salta
Dès demain, nous partons faire un tour dans la Quebrada del Toro et Salinas Grandes avec une petite agence de voyage locale. Là encore, nous nous attendons à en prendre plein la vue !

Le bruit et la fureur

Ah, que c'est beau ! C'est fourbus mais absolument ravis et émerveillés que nous revenons de notre visite du Parc National d'Iguazu. Partis ce matin très tôt de l'hôtel, nous prenons le bus local pour nous rendre sur le site du Parc (à une vingtaine de kilomètres de la ville de Puerto Iguazu). Nous arrivons une demi-heure plus tard à ses portes. Il fait gris, mais finalement, ce n'est peut-être pas plus mal - le soleil transforme rapidement la jungle en sauna et ce n'est franchement pas notre tasse de thé ni à l'un et ni à l'autre. De toute évidence, nous ne passerons pas notre journée tout seul. Plusieurs bus touristiques sont déjà arrivés et les chutes sont clairement une "attraction" très prisée. Nous comprenons tout de suite qu'il sera difficile de se balader tranquillement, mais en prenons notre partie et montons dans le petit train qui nous conduit vers la "Garganta del Diablo", la Gorge du Diable, la chute la plus importante du parc. A la descente, nous entendons déjà les vrombissements de l'eau au loin et suivons le chemin qui a été construit au-dessus de la rivière pour accéder au mirador qui domine la Garganta. Le paysage est déjà magnifique et nous rappelle le Manu (si on exclut le caractère beaucoup, mais alors beaucoup plus civilisé de la chose). Nous ne sommes plus qu'à une centaine de mètre de la chute et le ciel est déjà tout embrumé d'écume. La tête des gens que nous croisons confirme que nous approchons : la plupart est trempée de la tête au pied. C'est là que je me rends compte que j'ai vraiment fait une très grosse bêtise en ne prenant pas mon vêtement de pluie (et oui, là encore, l'idée était de moi...). Peu importe, ce que nous allons voir vaut bien une petite douche ! Le bruit devient maintenant assourdissant et... nous y sommes ! La vision de la chute nous laisse coi : c'est tout simplement extraordinaire. La surprise passée, nous remarquons plein d'hirondelles qui volent dans tous les sens en plein milieu de ce tourbillon d'eau. Nous apprendrons par la suite par un guide qu'en réalité, ces hirondelles nichent dans la roche, derrière l'eau.
Iguazú - Garganta del Diablo
Une fois rassasiés, nous faisons le chemin à l'envers et réalisons que nous pouvons en fait nous balader à pied plutôt qu'en train. Il semblerait que nous soyons les seuls à avoir cette idée : nous nous retrouvons tout seul à marcher le long des voies (super !!!) et reprenons vite nos petites habitudes du Manu pour essayer d'identifier un maximum d'oiseaux.
Toucan
Même si nous ne sommes clairement pas au point au niveau des noms (on en a sûrement inventé quelques uns), nous réussissons à en repérer et suivre plusieurs. Nous sommes en tout cas bien contents d'avoir les jumelles et le téléobjectif de papa et maman :-). Nous partons ensuite nous promener sur le circuito inferior qui permet d'approcher les chutes d'assez prêt par le bas. C'est pour nous l'occasion de finir de prendre notre douche en achetant un billet pour un petit tour de bâteau à moteur au plus près des chutes. Pour l'occasion, j'investis dans un poncho (la douche oui, mais faudrait quand même pas que j'attrape une pneumonie). La balade sera courte (environ un quart d'heure), mais particulièrement intense : le bâteau nous amène jusque sous les chutes. Si nous avions encore des doutes sur la puissance de l'eau, ils "s'évaporent" en quelques secondes. Nous sommes ballotés dans tous les sens et ensevelis sous une pluie torrentielle. Nous sortons de là tout ebeurlobés (pour l'orthographe, consulter ma grande-mère) et enchantés ! Notre visite du parc se poursuit par une balade sur le circuito superior où les points de vue enchanteurs se suivent.
Iguazú Falls
Nous rejoignons enfin l'entrée du parc pour finir par une petite marche sur un sentier un peu plus isolé et surtout moins balisé. Malheureusement, le soleil se couche et nous oblige à faire demi-tour après 1h de balade. Nous nous affalons dans le bus qui nous ramène sur Puerto Iguazu et il suffit de quelques secondes à Tony pour s'endormir (qui a dit "comme d´habitude" ?).

samedi 9 août 2008

En route vers le grand nord...

Pour notre dernier jour à Buenos Aires (en attendant la fin de notre "tour" en tout cas), nous choisissons de nous la couler douce en passant la journée dans le quartier branchouille de Buenos Aires : Palermo Viejo, aussi connu sous le nom de Palermo Soho (en référence au Soho de New York) ou Palermo Hollywood (il s'agit d'une petite partie du quartier qui plaît particulièrement aux réalisateurs de film). Résidentiel et très "hip" avec des tas de petites boutiques à la mode, on se croirait vraiment à Soho et c'est très agréable de s'y balader. Palermo Viejo est aussi connu pour ses parcs, nous en profitons donc pour faire le plein d'empanadas (miam miam) que nous allons manger sur un banc du Parque 3 de Febrero, sous le soleil qui ne nous a pas quitté depuis notre arrivée. Il y a des tas d'Argentins qui viennent y pique-niquer avec leurs enfants (nous supposons qu'ils profitent de la pause déjeuner - qui dure quand même plus de 3h dans les magasins et administrations...) puisque nous ne sommes pas en période de vacances.
Parque 3 de Febrero
Nous retournons faire du lèche-vitrine pour terminer l'après-midi, avant de nous rendre à l'hôtel où un "remise" (un taxi dont le prix est fixé à l'avance) nous attend pour nous emmener au terminal de bus. Après un trajet dans les rues de Buenos Aires digne de "Bullit" et qui me rapellerait presque nos plus grandes heures à Lima, nous arrivons sain et sauf à la gare routière qui vu sa taille et son activité s'apparenterait plutôt à un aéroport. Nous ferons notre premier voyage en bus vers Iguazu avec Crucero del Norte, dans un luxe inimaginable (encore mieux que le Pérou) : siège en cuir, télévision individuelle, apéro et champagne pour terminer le repas...
Après 17h de route, nous rejoignons donc Puerto Iguazu à la frontière brésilienne, point de départ pour aller voir les fameuses chutes de la rivière Iguazu. Ici, c'est la jungle et même si le temps est plutôt frais, la moiteur est bien présente. La ville de Puerto Iguazu est pleines de touristes (c'est clairement la première industrie de la ville) et me fait penser à un mélange entre Garoua et les villes sud-américaines où se font tout un tas de trafics tels qu'on les voit dans les films. Les rues sont rouges (à cause de la terre) et l'organisation des rues y semble quelque peu chaotique. Pour notre première balade (nous ne nous rendrons au parc national d'Iguazu que demain matin), nous longeons la rivière Iguazu pour nous rendre au "Hito de tres fronteras" : c'est le point de rencontre entre les rivières Paranà et Iguazú qui marque la frontière entre l'Argentine, le Brésil et le Paraguay.
Hito tres fronteras
Sur le chemin, on retrouve la végétation et les couleurs du Manu (même si nous marchons sur le vrai trottoir d'une vraie route). Au bout, un mirador surplombe la forêt et les deux rivières.
Hito tres fronteras
Nous revenons ensuite en centre ville pour prendre quelques informations pour notre journée de demain que nous passerons aux chutes. Les cartes postales que l'on voit sont magnifiques et nous avons hâte d'y être !!!

PS : Désolée pour l'absence de photo, mais la connection est trop lente pour les mettre en ligne. Nous ferons mieux demain !

mercredi 6 août 2008

Taxi 5 à Buenos Aires

Nous terminons aujourd'hui notre 3ème journée à Buenos Aires (plus qu'une avant de partir vers d'autres cieux argentins...). Difficile de ne pas aimer cette ville qui nous donne bizarrement l'impression d´être ailleurs (Barcelone, Paris, Baltimore) tout en étant sans doute possible en Amérique du Sud.
Pour notre deuxième jour, nous visitons le quartier populaire de San Telmo, un des rares encroits de Buenos Aires où l'on trouve encore des bâtiments du 19ème. Le quartier est clairement en pleine gentrification (à confirmer auprès d'Adeline, notre spécialiste du phénomène) et se remplit de boutiques de design toutes plus "hip" les unes que les autres. Nous passons un super après-midi ensoleillé entre les brocantes, les boutiques d'antiquités et les danseurs de tango.
Dogwalker
Nous nous dirigeons ensuite vers Puerto Madero, où les anciens docks ont été réhabilités. On y trouve restaurants, cafés et boutiques. La zone se trouve juste à côté de la City de Buenos Aires qui grouille d'immeubles modernes(on se croirait à la Défense, en plus sympa quand même). Le plus surprenant, c'est que juste à côté s'étend sur plusieurs hectares une réserve naturelle écologique, la "Costañera del Sur". Nous décidons d'aller y faire un tour et nous baladons pendant 1h en pleine nature avec en arrière plan la skyline des buildings en verre. La journée se termine par une courte - mais intense - balade en métro, où nous découvrons avec bonheur les joies du métro aux heures de pointes à Buenos Aires (oui, l'idée était de moi).
Costañera del Sur skyline
Après un réveil tardif ce matin, nous décidons de commencer notre journée en nous rendant dans le quartier ultra touristique et très photogénique de la Boca. Bizarrement, c'est aussi l'un des quartiers les plus dangereux de Buenos Aires en dehors de la zone balisée par la mairie (en tout cas, c'est ce que nous disent nos 2 guides) et moultes précautions semblent n'ecessaires pour s'y rendre et en revenir avec tous ses doigts de pied et son appareil photo. Suivant à la lettre les instructions lues, nous demandons à l'hôtel de nous commander un taxi et arrivons en 15 minutes aux abords d'el Caminito, LA rue à visiter à la Boca. Là, on se croirait à Disneyland. Sur fond de maisons multicolores, un sosie de Maradonna (qui a grandi dans ce quartier et a commencé dans le club de foot BocaJunior) nous accueille. On a l'impression que tous les touristes de Buenos Aires (que nous cherchions désespérément depuis 2 jours) se sont donnés rendez-vous. Le quartier abritait initialement les dockers émigrés d'Italie qui avaient l'habitude de peindre leurs maisons avec les restes de peinture pour les bâteaux. La mairie de Buenos Aires ayant senti le filon a réhabilité une petite partie de la zone (c'est-à-dire 3 rues) pour y attirer les touristes. Tony rencontre plein de péruviens sympathiques, et comme il me le fait remarquer, il ne leur reste plus qu'à finir d'investir toutes les petites baraques de vente de souvenirs argentins pour que la boucle soit bouclée.
La Boca
Au bout d'une heure et après avoir parcouru les 3 rues dans tous les sens, nous envisageons de repartir. Là encore, nous écoutons à la lettre les conseils du Lonely Planet et nous rendons au centre culturel pour commander un taxi. Et là, c'est le drame : impossible de réserver un taxi. Après avoir appelé 4 compagnies qui n'ont "aucune voiture à disposition, désolé", nous hésitons à contacter le GIGN local pour tenter une opération "extraction". Nous demandons conseil au tenancier du centre culturel qui nous dit que nous ne risquons rien à prendre un taxi au hasard dans la rue et que sinon, le bus 29 est très bien ! Deux avis valant mieux qu'un, Tony demande alors à un rabatteur péruvien rencontré dans la rue si nous serons en sécurité en prenant le bus et qui nous dit : "pfff, ça peut pas être plus dangereux qu'au Pérou". Sur cette remarque pleine de bon sens, nous optons finalement pour le bus qui nous conduira sans encombres et à peu de frais en plein cente ville.
L'après-midi, nous nous rendons dans le quartier de la Recoleta où nous visitons son cimetière (un peu style Père Lachaise), puis nous rendons au MALBA, le plus célèbre musée de la ville, qui expose des artistes contemporains sud-americains. Le bâtiment est très beau et la collection de très bonne qualité. Nous en profitons pour faire une petite photo de la statue de Saint Martin de Tours (et oui messieurs-dames, c'est même le saint protecteur de la ville) qui a même sa place à lui et son institut. La classe quoi.
Saint Martin de Tours

PS : Merci beaucoup pour les commentaires et gros bisous à tous !(Valérie, désolée de ne pas t'avoir rappelée...!!!)

mardi 5 août 2008

Buenos Aires : primer dia con los Porteños

Ça y est, nous y sommes ! Après quasiment 12 heures de sommeil dans l'avion qui nous a conduit jusqu'à Sao Paulo - où notre escale nous aura valu de belles tranches de rire grace aux employés de la compagnie brésilienne VARIG (auxquels quelques heures auront suffi pour faire de leur efficacité une légende), nous rejoignons ensuite Buenos Aires entourés de Brésiliens en goguette, partis pour quelques jours de shopping dans la capitale Argentine. Il semblerait bien que Buenos Aires, qui n'est qu'à 3h de vol de Sao Paulo, soit le Paris des riches Brésiliennes - celles du Sud en tout cas - qui profitent pleinement du faible cours du peso (tout comme nous d'ailleurs...).
C'est un temps couvert qui nous accueille à l'aéroport international Ezeiza. Notre trajet jusqu'au centre ville où se trouve notre hotel sera l'occasion de notre première rencontre avec un Porteño (depuis le 19ème, c'est appellation officielle des habitants de Buenos Aires). Notre chauffeur de taxi semble tout droit sorti d'un film de Scorcese (en supposant que celui-ci se soit mis à faire des films sur le tango ou la mafia argentine) : en costume-cravate, une tonne de gomina plaquant des cheveux naturellement ondulés, il respire l'élégance.
Tango
Il passera la demi-heure de trajet à nous expliquer que la place de Buenos Aires est vraiment en Europe (d'ailleurs, est-ce que nous connaissons un autre pays d'Amérique du Sud où le rugby est un sport national ?). Il est ravi d'apprendre que je suis francaise et en profite pour nous passer, en tournant le volume à fond, un peu de Carlos Gardel (lui-même né en France). La nationalité de Tony l'intéresse un peu moins (même s'il aime le ceviche). Visuellement, l'influence européenne n'apparaît pas immédiatement puisque l'autoroute traverse une zone de plusieurs kilomètres de simili bidonvilles. C'est lorsque nous arrivons vers le centre que son discours prend forme et la balade que nous ferons dans l'après-midi sur les grandes avenues nous le confirmera.
Paseo peatonal calle Florida
Entre notre hôtel, la Plaza del Congreso et la Plaza de Mayo (où trone la Casa Rosada), les bâtiments et les vieilles enseignes nous donnent l'impression de nous balader à Paris dans les années 30. C'est immense et magnifique ! Le trafic nous rappelle néanmoins à quelle époque nous sommes (l'avenida 9 de Julio, qui traverse presque toute la ville, compte 22 voies...), même si, contrairement à Lima, nous n'avons pour le moment pas encore craint pour notre vie. Notre tour de reconnaissance nous amène dans les avenues très commerçantes de la ville, aux boutiques de luxe qui ne dépareraient pas à Paris ou New York.

mardi 29 juillet 2008

Carnets de voyage

Notre précédente expérience "bloggesque" au Pérou nous ayant beaucoup plu, nous nous sommes vite décidés à recommencer : le voilà donc, le "blog nouveau", petit frère du premier opus qui sera, nous l'espérons, à la hauteur !
En grands fans de toute la panoplie des applications Google, il nous était difficile de résister à l'envie de cartographier notre périple sur Google Map...

Agrandir le plan

La taille du pays (et oui, l'Argentine, c'est TRES, mais alors, TRES GRAND !) nous a conduit à choisir de partir à la découverte du Nord (et non, nous ne passerons pas chez Florent Pagny). Notre voyage, qui commencera le 3 août pour se terminer le 30, prévoit donc de rester quelques jours à Buenos Aires, avant de partir à la frontière brésilienne voir les chutes d'Iguazu. Nous prendrons ensuite la direction du nord-ouest andin (région de Salta), pour redescendre sur Mendoza (avis aux amateurs de bon vin...). Nous finirons ce "petit" tour en musique en rejoignant deux citoyens argentins incontournables à Cordoba, Karina et Martin, les meilleurs barbecuemen du pays :-).